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Mme Diallo Madeleine Bâ a pris note des requêtes spécifiques et inauguré des infrastructures modernes et fonctionnelles.
La visite de terrain d’une semaine qu’a effectuée le ministre de l’Elevage et de la Pêche a commencé le 19 février par les étapes de Douentza et de Gossi.
Mme Diallo Madeleine Bâ venait jauger l’évolution des chantiers de marchés à bétail dans ces deux localités. La réalisation de ces ouvrages est confiée au Projet de développement de l’élevage dans la région du Liptako Gourma (PDLG) qui opère dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou.
Son directeur, Fodé Missa Traoré, justifiera la construction d’un marché moderne à Douentza par la particularité d’une localité où convergent les troupeaux de la partie sud du Gourma et qui constitue un marché pour la commercialisation du bétail.
Des voisins directs comme le Sénégal, le Burkina Faso, ou plus lointains comme le Nigeria, sont ravitaillés par le cheptel de Douentza. Bâti sur une aire d’un hectare, le marché à bétail possède une clôture de 400 m de périmètre et comprend un grand entrepôt pour l’aliment-bétail, le bureau du gérant, deux hangars et quatre bacs servant d’abreuvoir etc.
L’ensemble a coûté plus de cent millions de nos francs. Les formalités administratives étant remplies, le marché sera bientôt branché au réseau d’adduction d’eau, a annoncé Fodé Missa Traoré. L’opération coûtera 75 millions de Fcfa coûtera aux finances publiques. Selon des témoignages, environ 800 bœufs sont écoulés mensuellement vers le Burkina et plusieurs centaines vers le Sénégal.
Et Bamako est ravitaillé hebdomadairement à hauteur de 200 bovins. A Gossi, deuxième étape de la journée, le marché à bétail situé à cinq kilomètres au sud de la ville, ressemble en tous points à celui de Douentza.
S’y ajoutent cependant, trois parcs de vaccination. Gossi, chef-lieu d’une commune rurale de Gourma Rharous dans la région de Tombouctou, pratique une importante activité pastorale pour des raisons, essentiellement d’ordre climatique et culturel.
Le climat, peu favorable à l’agriculture, ne laisse d’autre choix que l’élevage. La population a donc acquis une forte tradition pastorale, pratiquant exclusivement l’élevage parfois associé au commerce.
Quelques points d’eau permanents pour l’abreuvement du bétail, renforcent cette « monoculture ». La séance de travail convoquée autour du ministre s’est déroulée dans l’entrepôt d’aliment-bétail qui n’a pas pu contenir la foule de personnes intéressées par l’avenir d’un élevage essentiel pour la survie de la zone.
Les éleveurs ont indiqué au ministre que les bêtes étaient menacées de famine après le mauvais hivernage et restaient à la merci d’une maladie mal diagnostiquée. Les autorités locales ont embrayé sur la faiblesse des moyens d’interventions des agents d’élevage de la commune et souhaité l’empoissonnement de la mare de Gossi qui fait 75 kilomètres de circonférence.
Réagissant aux périls menaçant le cheptel local, Mme Diallo Madeleine Bâ a suggéré aux éleveurs des alternatives d’alimentation basées sur l’intensification des cultures fourragères et la récupération des sous-produits de récolte.
Le département s’engageant à fournir des semences et un appui conseil. Le ministre a aussi promis l’intervention du laboratoire central contre le mal inconnu dont les bêtes sont atteintes. Des échantillons seront prélevés afin de poser un diagnostic précis.
De son côté, la direction nationale de la pêche examinera la qualité des eaux de la mare dans la perspective d’y développer une forme ou une autre de pisciculture.
A Gao, le ministre a visité les chantiers de construction du laboratoire régional de diagnostic vétérinaire et des bureaux du siège du projet. Ces infrastructures déjà bien avancées (80 %), sont financées à 85 % par la Banque islamique de développement et 15 % par notre pays. Total : 213 millions de Fcfa.
Le Projet de développement de l’élevage dans la région du Liptako Gourma a mené d’autres activités importantes en matière de culture du bourgou, de restauration de parcours dégradés, de fixation de dunes, de matérialisation de pistes de transhumance du bétail et de formation de producteurs.
Le projet envisage de lancer au second semestre de l’année, un programme de crédit à taux bonifié au profit des associations de producteurs à travers la structure de micro finance « Kondo Jigima ». A son programme figurent aussi 132 km de pistes rurales à réhabiliter dans la région de Gao.
Dans les régions de Gao, Mopti et Tombouctou 16 puits modernes et 9 mares seront réalisés et trois digues édifiées à Tombouctou.
Programme d’appui à la sélection et à la multiplication du zébu Azawak : BEAUCOUP DE RETOMBEES POSITIVES
Les éleveurs de Ménaka pratiquent un mécanisme original d’attribution de quatre génisses, un taureau, un dromadaire, et une charrette, à des éleveurs sous forme de crédit remboursable en nature ou en espèces.
Le Ministre de l’Elevage et de la Pêche s’est rendu du 18 au 23 février, les 5è, 6è et 7è régions économiques. Mme Diallo Madeleine Bâ était accompagnée du directeur national des productions animales, Amadou Boubacar Cissé, de l’inspecteur en chef de l’élevage et de la pêche, Mme Doumbia Hawa Dolo, et de son chef de cabinet, Soungalo Diarra.
Après les étapes de Douentza, Gossi et Gao-ville, le ministre a parcouru 315 kilomètres au nord-est du pays pour rallier Ménaka où l’attendaient les 37 100 habitants de cette préfecture essentiellement composés de Kel Tamasheq, Daoussaq, Arabes, Haoussas et Djerma. Ce 21 février était très attendu car il consacrait le lancement de la première édition d’une journée dédiée à la race bovine Azawak, une race autochtone originaire de la vallée Azuela de Ménaka.
Cette race intéresse au plus haut point les éleveurs et les pouvoirs publics compte tenu de ses capacités de reproduction et de production de lait et de viande, dans les difficiles conditions d’élevage du milieu sahélien. Le préfet Karo Koné rappellera que c’est à Anderamboukane lors d’une visite présidentielle qu’est née l’idée du projet d’appui à la sélection et à la multiplication du zébu Azawak (PASMZAM). Ce projet est né voilà déjà dix ans et a bouclé sa première phase en 2005. Basé à Ménaka, il s’attache à promouvoir et développer l’élevage dans un cercle profondément frappé par les effets des sécheresses des années 1970 et 1980, et les conséquences des troubles socio-politiques répétitifs. La deuxième phase du projet a débuté en mai 2006 et aujourd’hui, le vœu partagé par toute la population est que notre pays négocie au mieux le financement de la troisième phase à venir, notamment avec le traditionnel partenaire belge. Celui-ci avait, dès le début, épaulé les pouvoirs publics dans le montage d’un projet destiné à redonner de l’espoir aux populations qui avaient perdu leur bétail, améliorer les conditions générales d’élevage, augmenter les revenus des familles à travers un programme de sélection du zébu Azawak. Le ministre a salué la démarche participative des collectivités locales et des éleveurs de Ménaka à l’exécution du projet. Au cours de la première phase, ils ont de concert, élaboré et mis en pratique un mécanisme original d’attribution de noyaux d’azawak comprenant quatre génisses, un taureau, un dromadaire, et une charrette, à des éleveurs sous forme de crédit remboursable en nature ou en espèces. De 2000 à nos jours, un peu plus de 360 familles démunies ont acquis des noyaux de bovins azawak et le fonds reconstitué est déjà supérieur à 110 millions de Fcfa, représentant environ 146 nouveaux noyaux. Deux bénéficiaires du projet, Haoussa Ag Awinhad et Mohamed Ould Siamar, ont intégralement remboursé en nature ou en espèces. Le premier comptabilise 9 bœufs de bénéfice et le second, 19.
De sa création à cette première édition de la Journée du zébu pour laquelle le ministre a offert 50 tonnes d’aliments bétail à Ménaka, le projet compte à son actif la réalisation de parcs de vaccination, d’aires d’abattage, la rehabilitation de puits pastoraux, l’extension de la couverture vaccinale au cheptel bovin, ovin et caprin de l’ensemble du cercle. Une des réalisations phares du projet est la construction et l’équipement d’une unité de collecte, de transformation et de commercialisation du lait entièrement gérée par 9 femmes de Ménaka. Cette unité qui contribue à valoriser le lait cru local, arbore à sa devanture des stands de vente de produits artisanaux. Le ministre a mis son séjour à profit pour inaugurer officiellement l’unité ainsi que le magasin central d’aliments bétail. Le PASMZAM a aussi fourni une bétaillère pour le transport des animaux et des intrants d’élevage etc. Le ministre a relevé, à titre d’exemple, que l’année écoulée, grâce au renouvellement du capital investi, un fonds de roulement central initial de 45 millions de Fcfa a permis un approvisionnement de 960 tonnes d’aliments-bétail et d’un stock important de pierres à lécher et de médicaments. Mme Diallo Madeleine Bâ a évalué l’ensemble de ces appuis directs aux communautés d’éleveurs à près de 750 millions de Fcfa. Autre effet positif : le projet développe son ancrage sous-régional en relation avec le projet Azawak du Burkina Faso et celui du Niger. Le Mali prévoit ainsi d’organiser une rencontre tripartite qui privilégiera la mise en relation des différentes organisations socioprofessionnelles nationales d’éleveurs d’Azawak pour des échanges d’expériences et d’animaux performants.
Le ministre soulignera, à ce propos, que la création d’une organisation faîtière est annonciatrice de succès. La visite du parc à bétail de la ville de Ménaka a mis fin au séjour dans le nord Mali du ministre et de sa délégation qui ont parcouru pas moins de 3335 kilomètres lors de cette tournée.
L'ESSOR du lundi 1er mars 2010 Sibiri Konaté |