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L'élevage est l'un des piliers de l'économie nationale. Malgré ses évidentes potentialités, la filière peine à trouver les financements qui lui permettraient de se développer. Les éleveurs n'ont pas accès au système bancaire qui juge le secteur à haut risque.
Une nouvelle alternative est trouvée pour résoudre ce problème. Une structure financière spécialement dédiée au secteur vient de voir le jour. Elle s'appelle la Financière africaine pour le développement de l'élevage (FADEL-SA). Elle a été inaugurée samedi dans la commune rurale de Niamana lors d’une cérémonie qui s'est déroulée en présence de Soungalo Diarra, représentant du ministère de l'Elevage et de la Pêche, et des autorités de la Région de Koulikoro.
Le président de la Fédération de la filière bétail et viande du Mali (FBVIM), René Alphonse, le président du parc de Niamana, Boubou Cissé, les notabilités de la localité et de Yirimadio et plusieurs responsables d’associations d’éleveurs venus de Fana, Koulikoro et de pays voisins (Côte d'Ivoire, Burkina Faso) ont également pris part à l'événement.
Première structure du genre en Afrique de l'Ouest, la FADEL est une sorte de caisse d'épargne et de crédit destinée au développement et à la promotion de l'élevage dans notre pays et dans la sous-région.
Les responsables et les éleveurs ont salué l'ouverture de la caisse. Le représentant de son conseil d'administration, Modibo Bâ, a jugé que la création de la Financière faisait passer le développement de l’élevage du rêve à la réalité. "Nous avons voulu cette structure depuis plusieurs années. Désormais, finis les soucis pour le financement de nos projets. Avec la FADEL, les éleveurs ont leur banque à eux”, a-t-il énoncé.
En effet la FADEL est une structure financière de type privé dotée de la personnalité morale. Elle a été créée sur le modèle de la BADEL (Banque africaine pour le développement de l'élevage), une structure financière continentale dont le siège se trouve à Ouagadougou au Burkina Faso.
L'idée de créer la FADELA.SA, explique Modibo Bâ, est venue du fait des difficultés que rencontrent nos éleveurs à lever des fonds au niveau de la BADEL. Des contacts ont été menés auprès des partenaires techniques et financiers, notamment Intercooperation (une fondation suisse pour le développement à travers son programme "Jèkasy" dans les régions de Sikasso et Ségou), Sahel Eco (une ONG malienne ayant repris les acquis de SOS Sahel de Grande Bretagne), la Banque malienne de solidarité et l'Association pour la promotion de l'élevage au Sahel et en savane (APESS) qui anime depuis une vingtaine d'années, des débats de fond sur l'avenir de l'élevage au Sahel.
La FADEL est immatriculée au registre du commerce et des crédits mobiliers de Sikasso. Son capital social est établi à 50 millions de Fcfa divisés en 5 000 actions de 10 000 Fcfa chacune. Pour un début, elle se veut une banque de proximité ayant vocation à aider les éleveurs à entreprendre des projets porteurs pour l’économie nationale.
Le responsable du conseil d'administration a assuré qu’aucune discrimination n’entravera l’accès au crédit. "Le crédit est accordé à toute personne, à condition d'être actionnaire, ou avoir un compte ouvert au niveau de la caisse et être porteur d'un projet bancable. Pour le moment ce sont uniquement des projets d’élevage qui nous intéressent", a précisé Modibo Bâ.
La structure ambitionne de promouvoir l'élevage qui est une activité ayant une très large ouverture sur plusieurs autres domaines tels le commerce, l'industrie, l'agriculture, la pêche et la santé.
La société prendra également en compte les problèmes de financement du secteur pour les investissements et les fonds de roulement et accompagnera les promoteurs de projets, du montage du dossier jusqu’au remboursement du crédit en passant par la supervision des investissements et le suivi de l'exploitation.
Le président du parc de Niamana, Boubou Cissé, son collègue de la FBVIM, René Alphonse, et le représentant du gouverneur de Koulikoro, Yaya Waïgalo, ont tour à tour apprécié positivement l’initiative et sollicité l'engagement de tous afin de pérenniser le projet. Quant au représentant du ministère de l'Elevage et de la Pêche, il a promis l'accompagnement du département et demandé d’unir les efforts pour promouvoir la filière de l’élevage.
L. DIARRA
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