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APICULTURE : NOTRE POTENTIEL MELLIFERE RESTE INEXPLOITE

Notre pays dispose d'une flore abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. Le Mali a une longue tradition apicole, enracinée dans les mœurs et les traditions de plusieurs ethnies. Pratiquée exclusivement par des hommes, elle constitue de nos jours une activité économique non négligeable. Les grandes zones de production sont les régions de Sikasso, Koulikoro, Ségou, Kayes et une partie de Mopti.


Le pays a de grandes potentialités en matière d’apiculture. ll dispose d’une flore mellifère abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. Une des particularités de la flore mellifère, c’est que les floraisons ne sont pas étalées sur toute l’année. La plupart des plantes fleurissent en même temps de février à juin.

 

Cette période correspond à la récolte. Le miel est le produit de la ruche le plus convoité. Quant à la cire jusqu’à une période très récente, elle ne faisait pas l’objet d’une très grande attention de la part de l’apiculteur. Selon les données de la direction régionale de l’élevage du District, le Mali produit 1900 tonnes de miel et 150 tonnes de cire par an.

 

La plus grande partie de ce miel est consommée sur place. Seules quelques tonnes dont il est difficile de déterminer les quantités avec exactitude sont exportées vers le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la France, la Suisse, l’Arabie Saoudite, le Royaume-Uni 3 à 4 litres de miel. Aliou Badara Cissé de la direction régionale de l’élevage explique que l’activité apicole est généralement exercée au Mali sous 2 formes : la forme traditionnelle de cueillette au cours de laquelle les cueilleurs de miel (des paysans) qui après avoir repéré les colonies sauvages d’abeilles programment la récolte pendant laquelle un véritable massacre des abeilles est organisé. Si la colonie se trouve au-delà de la portée des mains sur un arbre, l’arbre est abattu pour en extraire 3 ou 4 litres de miel.

 

D’ailleurs, ce miel n’est pas très souvent de bonne qualité et à tendance à se fermenter rapidement. La deuxième forme, elle, utilise des ruches fixes. La récolte se fait la nuit et l’opération consiste à allumer un torchon pour chasser les abeilles en vue de récolter les rayons de miel. Tout comme la cueillette, le torchon enflammé décime les abeilles surtout si le récoltant n’est pas très expérimenté.

 

S’agissant de l’extraction, le miel est généralement extrait manuellement. Des braises sont ensuite placées au dessus des rayons pour faciliter l’égouttage à travers une passoire. On obtient un miel brûlé qui ne présente aucune valeur thérapeutique, raison pour laquelle, certains apiculteurs exposent les rayons de miel au soleil pour obtenir du miel dit “miel cru’’, très utilisé en thérapeutique traditionnelle.

 

D’autres préfèrent conditionner directement sans extraction afin de rassurer les consommateurs de la pureté du produit. Le miel et la cire obtenus à partir de ces techniques ne sont souvent pas de bonne qualité et les quantités sont très faibles, d’où un impact économique limité.

 

C’est dans ce contexte qu’en 1984, l’apiculture améliorée a été introduite au Mali avec la création d’un Centre national d’apiculture (CNA) dont le but est d’augmenter la productivité, de produire du miel et de la cire de bonne qualité et de contribuer de façon substantielle à l’amélioration des revenus des paysans.

 

Ce centre a permis de lancer les bases réelles d’une apiculture améliorée au Mali grâce à la formation, à l’encadrement et à la vulgarisation d’équipements apicoles. C’est ainsi que, plus de 9000 paysans ont été formés aux méthodes améliorées d’apiculture : 20.000 ruches kenyanes, 6500 combinaisons et 11000 enfumoirs ont été vulgarisés.

 

Ruches améliorées.

 

L’introduction de ruches améliorées permet un premier réflexe d’élevage ; celle de matériels de récolte plus appropriés (enfumoir, combinaisons, lève cadre) permet de réduire la destruction des colonies d’abeilles pendant la récolte. A cela, il faut ajouter que les techniques de traitement du miel ont également été améliorées avec l’extraction à froid avec un matériel adapté (presse à miel, maturateur, extracteur).

 

Autre acquis : la valorisation de la cire par sa transformation artisanale en bougie, pommade et savon au miel. On note également une meilleure concertation entre apiculteurs organisés en matière de fixation des prix ; la création de mielleries et l’enseignement de l’apiculture dans les écoles agro-sylvo- pastorales. Tous ces résultats ont été atteints grâce aux efforts d’encadrement des structures étatiques, d’organisations non gouvernementales et de projets.

 

Pour ce qui est du marché local du miel et de la cire, traditionnellement après la récolte, le miel est directement vendu du producteur au consommateur sans séparation de la cire dans des gourdes. L’essentiel de la vente se fait de gré à gré à un prix assez varié autour des marchés locaux et des centres urbains, à des petits détaillants (généralement des femmes) ou le plus souvent à des fabricants d’hydromel qui acceptent volontiers le mélange miel-cire.

 

Le prix des gourdes oscille généralement entre 3000 et 7500 Fcfa. Les petits détaillants à leur tour revendent ces miels dans des boîtes de Nestlé à 250 Fcfa ou dans des boîtes de Nido à 599 Fcfa.

 

Une cire de bonne qualité. C’est à partir de 1990 que le circuit de distribution à commencer à s’organiser grâce à la création de mielleries qui font preuve d’un grand dynamisme dans la vente des produits de la ruche et de ses dérivés. L’objectif étant de mettre sur le marché un miel et une cire de bonne qualité. Ces mielleries sont approvisionnées par des associations apicoles encadrées et qui contribuent à l’écoulement du miel produit par les apiculteurs.

 

Ainsi, les miels sont traités et conditionnés dans des pots en plastic de 90 cl ou en verre de 500 g et distribués dans les alimentations ou supermarchés. Les prix appliqués dans les mielleries sont de 2000 Fcfa pour les pots en plastic de 90 cl ; de 1000 Fcfa pour les pots en verre de 500 g ; 750 pour 1/4 litre d’un pot en plastic.

 

Le traitement et la distribution du miel sont actuellement assurés essentiellement par la miellerie moderne de Bagadadji, la miellerie nouvelle le “Rucher” (Ouolofobougou Bolibana), la miellerie “la Malienne” (marché de Médine) et la miellerie de Kadiolo. Le miel se conserve parfaitement pendant plusieurs années (5 à 10 ans) mais à condition qu’il soit placé dans un endroit sec et frais.

 

Quant à la cire, l’apiculteur traditionnel ne prête, généralement, pas assez d’attention à sa récolte, à sa conservation et à sa commercialisation parce qu’elle est vendue très souvent mélangée au miel. Ce produit est actuellement très recherché depuis que la recherche a mis au point de petites technologies artisanales de sa transformation en bougie, pommade et savon au miel. Le prix d’un kilo de cire varie de 600 à 750 Fcfa.

 

En dépit des acquis, de nombreuses difficultés restent encore à surmonter dans le domaine de l’apiculture. Elles ont trait à la gestion des colonies (c’est-à-dire au manque de connaissances précises sur la structure des colonies, le mode de vie et de comportement des abeilles) ; à la fabrication, l’installation et la récolte des ruches ; Par ailleurs, le potentiel mellifère est sous-exploité, les techniques de récolte peu performantes et une faible couche de la population pratique l’apiculture.

 

A cela, il faut ajouter que la méthode d’apiculture améliorée n’est pas très vulgarisée. Il y a aussi la non valorisation des autres produits de la ruche (pollen, gelée royale, propolis et venin d’abeilles) et l’insuffisance de recherche en matière d’apiculture.

 

F. Maïga

L’Essor n°16365 du - 2009-01-21

 

 
  République du Mali  
Un Peuple - Un But - Une Foi
Ministère de l'Elevage et de la Pêche
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