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Le Ministre de l'Élevage et de la Pêche a visité lundi la ferme avicole de Boubacar Doumbia située à Souleymanbougou et celle de la société Doucouré et Frères (Sodouf), baptisée "Marakaforo". Mme Diallo Madeleine Bâ, accompagnée des directeurs des structures techniques de son département, a inscrit sa visite dans le cadre de la poursuite des efforts de redynamisation du sous-secteur de l'élevage.
C'est la ferme de Boubacar Doumbia, qui a été la première visitée. Créée en juillet 1992 avec seulement un lot de 500 sujets, elle compte aujourd'hui quelque 20 000 pondeuses. Elle produit un millier d'alvéoles par jour selon un promoteur qui ambitionne de créer une nouvelle ferme beaucoup plus moderne d'une capacité de 15 000 sujets.
La délégation a pu constater que malgré les efforts de l'aviculteur, notamment en matière d'automatisation de l'abreuvoir et du système d'élevage en batterie, les besoins d'équipement restent encore grands. Se pose aussi la question de la bonne alimentation des poules pondeuses qui demeure un casse-tête pour les aviculteurs de notre pays.
L'horizon de l'aviculture, avertit Boubacar Doumbia, demeure sombre dans notre pays si l'État n'intervient pas avec des moyens plus efficaces, notamment par l'octroi d'une ligne de crédit directe au sous-secteur et par une exonération totale des droits et taxes à l'importation des équipements modernes d'élevage.
Il n'y a pas que la nourriture destinée aux hommes qui flambe, le coût de l'alimentation des volailles devient prohibitif. L'aliment volaille qui coûtait 120 Fcfa/kg, revient désormais à 160 Fcfa. Le renchérissement des ingrédients notamment le mais, le poisson et le tourteau de coton, inquiète fortement les fermiers.
Ibrahim Ayouba Maïga, le coordinateur du Projet de développement avicole (Pdam), confirme que l'augmentation des coûts des matières de consommation est un phénomène mondial qui affecte malheureusement notre fragile système avicole. Autre difficulté citée par le spécialiste : la cherté des poussins.
Dans tout le pays, seules deux couveuses sont véritablement opérationnelles dont la plus performante est celle de la ferme de la société Doucouré et frères qui possède 2 incubateurs (un de 46 000 œufs et l'autre de 25 000 œufs) et un éclosoir de 15 000 œufs.
Mme Diallo Madeleine Bâ qui a été reçue dans cette ferme bâtie sur une quinzaine d'hectares à Moribabougou, a vivement encouragé le promoteur. "Nous devons encourager les aviculteurs. Cette activité crée beaucoup d'emplois et contribue fortement à la sécurité alimentaire de notre pays", a commenté le ministre, à la fin de sa visite. Avec ses 80 000 pondeuses et ses 30 000 poulets de chair, "Markaforo" pointe en tête des aviculteurs de notre pays.
La filière avicole a la capacité de créer nombre d'emplois directs et surtout indirects pour les jeunes. L'aviculture regroupe des intervenants sur divers segments économiques de production, couverture sanitaire, stockage, commercialisation et consommation. Ces activités qui font déjà vivre des milliers de familles sont liées à des produits particuliers comme les intrants vétérinaires, les aliments pour volailles, les œufs de table, les poulets de chair, les poussins etc.
Pour mieux organiser le sous-secteur, les pouvoirs publics ont lancé le Pdam qui a installé une Fédération des intervenants de la filière avicole (Fifam). Le projet aide déjà les aviculteurs à s'équiper pour accroître leur productivité.
A. M. CISSE
L'Essor n°16172 du - 2008-04-09 |