Le Mali est un pays continental de 1 241 238 Km² avec un réseau hydrographique dense de l’ordre de 4.500 kilomètres. L’hydrographie du Mali est essentiellement constituée par les bassins des fleuves Sénégal et Niger et en partie de la Volta. Ce système hydrographique entretient un ensemble de lacs notamment dans la région de Tombouctou au nord du pays. A ceux-ci s’ajoutent les lacs Magui (Kayes), Wegnan (Koulikoro) et Kambo (Kadiolo). Ce qui offre au Mali un potentiel réel en zones aménageables (mares, bancotières, emprunts, les sites de carrières de mines).
La pêche constitue un sous secteur important de l’économie nationale avec une contribution très significative. Elle est estimée, en 2004, à plus de 90 milliards de francs CFA soit 4,2 % du PIB. La production halieutique se situe autour de 100 000 t/an, plaçant le Mali parmi les premiers pays africains producteurs de poissons d'eau douce. La consommation de poissons est estimée à environ 10,5 kg/an/hab. Le nombre de pêcheurs est estimé à 73 000, regroupés à quelques 33.000 ménages composés en moyenne de sept membres. Les emplois générés en amont et en aval de la filière pêche sont estimés entre 285.000 et 500.000 emplois, soit environ 7,2% de la population active. La pêche s’exerce sur pratiquement toutes les collections d’eau du territoire national : fleuves, lacs, mares. Mais il y a néanmoins trois principales zones de production : le Delta intérieur du Niger, le lac de Sélingué et le lac de Manantali. A côté de ces grandes zones de pêche, il existe un nombre important de mares, de cours d’eau et un potentiel réel en zones aménageables dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao.
Les investissements et appuis en faveur du sous-secteur pêche ont été relativement faibles ces dernières années. Avec 4,2% du Produit Intérieur Brut (PIB) par an, la pêche ne bénéficie que de moins de 0,02% des investissements publics du secteur du développement rural.
Elle constitue cependant, un sous secteur important dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et de l’atteinte de la sécurité alimentaire.
L’insuffisance des infrastructures d’accueil modernes de débarquement, de conditionnement, de conservation et de stockage, entraîne de nombreuses pertes après capture. Les difficultés d’approvisionnement en intrants, l’enclavement des zones de production et les mauvaises conditions climatiques de ces dernières décennies ont affecté les moyens d’existence des communautés de pêche qui vivent dans une situation très difficile.
La création du Ministère de l’Elevage et de la Pêche en 2004 a été l’expression de la volonté politique de donner une plus grande visibilité institutionnelle au sous-secteur de la pêche. Elle vise aussi une meilleure exploitation et une valorisation accrue de l’important potentiel dont dispose le Mali en ressources pastorales et halieutiques.
|